Baromètre Mondial de la Corruption 2016 – Comment la corruption est-elle perçue en Belgique?


Date : 14/02/2017

Transparency International, dans un sondage d’opinion publique, a interrogé près de 60.000 citoyens dans 42 pays d’Europe et d’Asie Centrale sur leur expérience de la corruption au quotidien. Les résultats de cette enquête ont été publiés dans le nouveau rapport de TI, People and Corruption: Europe and Central Asia, qui fait partie du Baromètre Mondial de la Corruption 2016.

Le sondage a été réalisé en Belgique par Efficiency3 à l’aide de tests CATI (interviews téléphoniques assistées par ordinateur).

Résumant les conclusions sur la Belgique, Transparency International Belgium souhaiterait faire les observations et recommandations suivantes :

  1. Les répondants belges déclarent que le niveau de corruption au cours de l’année écoulée a plutôt augmenté (27%) que diminué (11%), 48% répondant qu’il est resté stable.
  2. Néanmoins, la plupart des répondants trouvent que la corruption est un problème mineur en Belgique. La lutte contre la corruption figure en septième position sur la liste des enjeux que le gouvernement devrait adresser en priorité (17%). C’est significativement plus bas que la moyenne d’un citoyen sur 3 qui pense que la corruption est l’un des principaux problèmes qu’affronte leur pays, un résultat basé sur les 42 pays participants en Europe et Asie Centrale. En Belgique, l’économie/l’emploi (59%), l’immigration/les réfugiés (48%), la criminalité/la sécurité/le terrorisme (43%), l’éducation (31%), la santé (29%) et l’environnement (26%) sont perçus comme les enjeux sur lesquels le gouvernement devrait se pencher en priorité.
  3. La majorité des répondants en Belgique pensent que les dirigeants d’entreprise sont moins dignes de confiance que les fonctionnaires, politiciens, juges, etc. Seuls 14% pensent que les dirigeants ne sont pas corrompus du tout, contre 29% pour les juges et magistrats et 28% pour la police.
  4. Des formes plus « confortables » de corruption semblent être de nouvelles préoccupations, comme les conflits d’intérêt (réels et perçus) posés par le lobbying caché et la « porte tournante » entre secteur privé et public. Des réglementations plus strictes devraient être implémentées pour contrer cette influence excessive, y compris des lois plus sévères contre le lobbying et la porte tournante.
  5. Les répondants belges sont divisés équitablement sur la question de la lutte anti-corruption menée par le gouvernement fédéral en son sein : 39% pensent que c’est suffisant et 40% qu’il le fait mal. A la question de savoir si des citoyens ordinaires peuvent faire une différence dans la lutte anti-corruption, seule une petite majorité (53%) des répondants pense que c’est le cas. Ces mêmes répondants pensent que la manière la plus efficace de combattre la corruption est de la dénoncer lorsqu’ils s’y trouvent confrontés (28%).
  6. Concernant cette dénonciation, bien que des répondants indiquent qu’il existe en Belgique un climat général positif d’acceptation sociale quant à la dénonciation de la corruption (52%), ils perçoivent néanmoins que la raison principale pour laquelle les gens ne la dénoncent pas lorsqu’elle arrive, est qu’ils ont peur des conséquences négatives de cette dénonciation (42%). Le score de la Belgique est plus haut que la moyenne des pays participants. 30% de tous les répondants indiquent que la peur des représailles est le facteur le plus important empêchant les citoyens de s’exprimer sur la corruption.

L’adoption d’une législation complète pour protéger les lanceurs d’alerte et pour assurer un suivi approprié des révélations, devrait donc faire partie des mesures prises par le gouvernement fédéral belge.

Les résultats ci-dessus montrent :

Activités du premier trimestre de 2017

En 2017, Transparency International Belgium adressera ces résultats grâce à plusieurs initiatives. Pour le premier semestre, nous mettrons l’accent sur :

Les lanceurs d’alerte :

La position de Transparency International sur les lanceurs d’alerte est que tous les individus du secteur public et privé ont besoin de canaux de communication accessibles, fiables et sûrs pour dénoncer les infractions. Une protection solide contre toutes formes de représailles est cruciale pour permettre aux mécanismes de dénonciation de promouvoir des réformes contre les insuffisances législatives, de politiques ou procédurales, et pour dissuader de futures infractions.
Il est difficile pour les organisations de mettre en place un bon mécanisme de dénonciation ; nous observons une exigence croissante en matière d’expertise de la part d’acteurs tels que les législateurs publics, les professionnels et les civils. TI Belgium, en collaboration avec Crimilumni Gent asbl, organise le 8 mars à Gand un événement, « Klokkenluiden zonder kleerscheuren, utopie of werkelijkheid » (« Dénonciation sans dégât, utopie ou réalité ? »). Wim Vandekerckhove, lecteur d’Ethique des Affaires à l’Université de Greenwich et expert pour Transparency International, modèrera la soirée. Il a étudié durant de nombreuses années l’éthique des affaires et les lanceurs d’alerte en particulier. Thierry Gillis, Commissaire et Conseiller Politique de la Police Fédérale, prendra part au débat grâce à son expérience dans la mise en place d’un mécanisme de dénonciation à la Police Fédérale. Michaël Gillis, en sa capacité de Directeur stratégique, des Affaires juridiques et Vie publique chez Engie Electrabel, est également responsable de la conformité à la législation et abordera le fonctionnement d’un système de lanceurs d’alerte dans une entreprise. Le journaliste d’investigation de VTMNIEUWS, Faroek Özgünes, partagera ses expériences au côté des civils qui dénoncent les infractions et Antoinette Verhage, Professeur de Criminologie à l’Université de Gand, proposera une position académique sur les opportunités et défis des lanceurs d’alerte. Plus d’informations et inscription sur le site web de TI Belgium.

Bonne gouvernance dans le milieu du sport :

En 2016, TI Belgium accueillait un événement avec comme principal intervenant et expert pour Transparency International Belgium, Arnout Geeraert (Chercheur postdoctorant LINES Institute – KU Leuven Etudes Internationales et Européennes). Cette conférence portait sur les facteurs augmentant le risque de corruption dans les fédérations internationales de sport. Dans ce secteur, on retrouve presque toutes les formes de corruption ; clientélisme, pots de vin, extorsion, détournement, fraude fiscale, matchs truqués, dopage, etc. Trois questions sont particulièrement pertinentes dans la lutte contre ces pratiques. Quelle est la probabilité que la corruption soit mise à jour ? Sera-t-elle punie ? Sera-t-elle punie légèrement ? En d’autres termes, sans gouvernance appropriée, le problème ne peut être adressé. Plusieurs tendances positives ont été rapportées en Belgique. Depuis peu, les fédérations de sports flamandes reçoivent par exemple des subsides basés non seulement sur le volume de membres mais également sur l’adhésion à des principes de base en matière de bonne gouvernance. Cette mesure a été prise suite à un code et des indicateurs de bonne gouvernance dans les fédérations de sports flamandes co-développés par Arnout Geeraert et implémentés en 2016. En 2017, TI Belgium mène une campagne pour créer plus d’initiatives ayant pour but de rendre le secteur plus transparent. En mars, B-Sportunity nous donne l’opportunité d’adresser le sujet de la bonne gouvernance dans le sport face à un public de 200 professionnels du secteur. Le 28 mai, TI Belgium participera pour la deuxième fois aux 20km de Bruxelles (plus d’informations seront publiées sous peu sur www.transparencybelgium.be). Ces deux événements seront clôturés par une série de recommandations aux autorités compétentes, reflétant les opinions des différents intervenants, c’est-à-dire les athlètes, supporters, sponsors, entraîneurs, dirigeants, etc.

TRAC :

En février 2017, Transparency International Belgium publiera un rapport, « Transparency in Reporting on Anti-Corruption (TRAC) 2016”. Nous avons évalué la manière don’t 27 multinationales d’Euronext communiquent sur leurs Programmes Anti-Corruption ainsi que sur leur transparence organisationnelle et leur communication pays par pays. Nous conseillons de garder un œil sur notre site web ou de s’inscrire à notre Newsletter (située sous le logo Twitter) pour se tenir informé.

Speak-Up! :

En mai 2017, TI Belgium organisera un symposium d’une journée, “Speak Up”, sur l’importance de la communication des atteintes à l’intégrité (incluant la corruption et les pots de vin) dans le commerce international. Les principaux enjeux sont la culture organisationnelle, les programmes anti-corruption, l’assistance téléphonique éthique, et la protection des lanceurs d’alerte. Nous présenterons les résultats de notre analyse de la situation des multinationales belges, que nous effectuons actuellement en collaboration avec la Louvain School of Management. La date et le lieu de l’événement seront publiés sous peu sur notre site web.

Les comptables comme gardiens anti-corruption :

Le 15 juin 2017, TI Belgium organisera un autre symposium d’une journée, “La Lutte contre la Corruption et le Rôle Crucial du Métier de Comptable » (“The Combat of Corruption and the Crucial Role of the Accountancy Profession”). Cet événement se concentrera sur le décalage entre les attentes et la réalité du métier de comptable comme gardien contre la corruption. Les comptables doivent-ils garantir l’intégrité dans le milieu des affaires ? Nous évaluerons la situation actuelle et formulerons des recommandations. Ce symposium rassemblera des dirigeants d’entreprise, comptables, régulateurs, magistrats, membres des organismes de normalisation, chercheurs, fournisseurs d’outils d’audit et autres participants. Pour plus d’informations ou pour s’inscrire, visitez notre site web.

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