Réaction de Thomas Vermaerke, directeur de Transparency International Belgique, au scandale du "


Date : 16/12/2022

Réaction de Thomas Vermaerke, directeur de Transparency International Belgique, au scandale du "Qatargate" :

"La corruption s'attaque au fondement même de nos institutions démocratiques en faussant les processus électoraux, en pervertissant l'État de droit, en sapant la crédibilité des mandats publics et en créant des structures et des processus  destinés à la sollicitation de pots-de-vin. La corruption politique a des effets extrêmement négatifs sur tous les aspects de la société et contribue à l'instabilité gouvernementale, à l'érosion de la confiance du public dans les institutions démocratiques et constitue finalement la plus grande menace pour la démocratie et l'État de droit.

L'enquête en cours menée par les autorités belges a mis au jour des pratiques extrêmement inquiétantes de corruption et de pots-de-vin, impliquant un membre du Parlement Européen et un ancien eurodéputé. Un grave manque de transparence et de contrôle éthique a conduit à ces révélations choquantes. Il reste encore à voir l'ampleur du problème, car les autorités belges, en collaboration avec d'autres agences européennes, vont poursuivre leur enquête. Quelques nouvelles encourageantes sont apparues. Il a fallu un énorme scandale pour convaincre les membres du Parlement Européen d'adopter très rapidement une résolution quasi unanime sur les soupçons de corruption du Qatar et la nécessité plus générale d'une plus grande transparence dans les institutions de l'UE. On n'aurait pas dû en arriver là, mais au moins ces développements devraient conduire à des changements significatifs dans le futur.

Transparency International Belgique applaudit la décision du Parlement Européen qui appelle à la création d'un organe d'éthique indépendant et d'une commission d'enquête dédiée pour enquêter sur la corruption et l'influence de pays tiers en son sein. Nous insistons sur le fait que ces organes doivent être mis en place sans délai excessif afin de prévenir la corruption et l'ingérence indue au sein du Parlement Européen et au-delà."